La contrainte a provoqué l'étincelle de la découverte... Avec son dissipateur thermique pour lampes LED, dvl.lighting a peut-être décroché la timbale...
Benoît WATTIER
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"Mettre l'humain au premier plan"Dvl. lighting a-t-elle découvert le dissipateur thermique qui révolutionnera l'éclairage dans les années à venir ? C'est loin d'être impossible... La PME basée au Centre d'entreprises Héraclès, à Gilly, a fait breveter un procédé qui permet, à la fois, d'augmenter la luminosité et la durée de vie de l'éclairage LED tout en diminuant fortement la consommation électrique !
Tout est parti d'une contrainte liée à l'activité de dvl.lighting : la mise au point d'éclairage pour vérandas. « Il s'agit d'un marché de niche, explique Daniel Verplaetse, manager de dvl.lighting. L'éclairage pose plusieurs problèmes spécifiques à ces constructions : un petit espace d'encastrement et la chaleur dégagée par l'ampoule en particulier. C'est, précisément, en tentant d'améliorer ces aspects que nous avons mis au point le nouveau procédé... » L'abaissement de la chaleur dégagée par l'ampoule est possible grâce à un dissipateur thermique, c'est-à-dire une pièce d'aluminium, moulée ou extrudée, se terminant par des tiges ou des ailettes de façon à avoir une surface maximale pour permettre les échanges thermiques. Ces dissipateurs sont coûteux, doivent être fabriqués en grandes quantités et, surtout, leur masse et leur volume sont importants.
L'intérêt d'Osram et de Philips
Les idées les plus simples sont souvent les meilleures. Celle de dvl.lighting, en particulier de son ingénieur, Franz Molle, c'est d'avoir conçu un dissipateur réalisé sur base d'une simple feuille d'aluminium, découpée et pliée, avec une épaisseur réduite à la base favorisant la dissipation de la chaleur. Résultat : une température inférieure de 9o au meilleur dissipateur d'Osram.
Les avantages directs sont nombreux. D'abord, cette différence de température accroît de... 20 000 heures la durée de vie des LED, soit 35 % de plus que la concurrence. Et à consommation identique, c'est 35 % à 50 % de lumière en plus. Ou, inversement, moins d'électricité nécessaire pour une même luminosité, la baisse de la température accroissant le rendement du LED, le mode d'éclairage le plus efficace. Sa généralisation est d'ailleurs programmée pour 2016.
Ethernally présente d'autres atouts : une taille autorisant des innovations de design, une latitude dans le volume de fabrication, des tailles en fonction des puissances. Et comme le produit est un tout au plan écologique, ses concepteurs mettent en évidence son faible impact énergétique et l'économie de matière à la fabrication, le caractère recyclable du matériau ou encore la possibilité de fabrication en Europe, l'impact de la main-d'oeuvre sur le coût étant faible.
Pour dvl.lighting, Ethernally ouvre la perspective d'un avenir florissant. Dans l'immédiat, la PME entend produire elle-même ses dissipateurs et diffuser son produit en France et en Allemagne. La suite fait rêver : « Les applications vont bien au-delà des vérandas, confie Nicolas Konstantatos, l'associé de Daniel Verplaetse. L'éclairage général, l'électronique (ordinateurs et transformateurs), la mécanique (phares automobiles) peuvent aussi profiter de cette technologie. » Si une telle expansion se dessinait, la PME devrait envisager une phase d'industrialisation. Les grands de l'élcairage ont déjà plus que marqué de l'intérêt pour l'invention de la petite PME ...
Mettre l'humain au premier plan »
L'un est gradué en marketing de formation, l'autre instituteur. Rien ne les prédestinait à développer pareille activité. Daniel Verplaetse, de Thuin, avait, par pur hasard, travaillé comme commercial dans le domaine de l'électricité avant de mettre au point lui-même des systèmes électriques... pour vérandas. Nicolas Konstantatos gérait une société de taxi tombée en faillite. Les deux hommes se sont rencontrés en 2003, apportant chacun leur contribution à ce qui allait devenir la SPRL DVL & K. Ensemble, ils dirigent la PME qui, aujourd'hui, emploie dix personnes et réalise un chiffre d'affaires de 1,2 million € demain, pourrait connaître une expansion importante. Mais pas n'importe comment... « Nous voulons mettre l'humain au premier plan de notre entreprise », insiste Daniel Verplaetse, qui a participé, ce 18 octobre à Bruxelles, à la fondation du Mouvement politique des objecteurs de croissance. Il y aura une part de fabrication industrielle, mais une industrialisation complète ne m'intéresse pas. Je souhaite aussi que le produit soit fabriqué en Europe : ce serait incohérent de vouloir faire des économies d'énergie et de faire fabriquer le produit à l'autre bout du monde. Je veux une approche éthique, globalisante, sociale. Pour notre financement à venir, nous avons d'ailleurs des contacts avec Sowecsom, qui est le "Sambrinvest de l'économie sociale". » La PME a aussi la porte ouverte de Triodos, désignée banque la plus éthique du monde par le Financial Times ...B.W.
















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